Dealer de sucre

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Le compte Instagram @dealerdesucre (photos ci dessus) met en image la quantité de sucres contenue dans certains gâteaux et boissons très prisés par les jeunes (et les moins jeunes) dans nos sociétés occidentales. Une façon imagée de représenter la place que celui ci a aujourd’hui dans la plupart des foyers. Voilà une bonne occasion de faire un point sur cet ingrédient, présenté comme indispensable, que l’on trouve partout, même là ou l’on ne l’attend pas. Zoom sur ce qui devient une question de santé publique

 

Le sucre est partout

La France est le premier producteur de sucre en Europe et les Français en sont de très gros consommateurs. Chacun d’entre nous en mange 34 kilos par an. C’est deux fois plus qu’il y a quinze ans.

Avez-vous vu cela : Classification alimentaire : savoir ce qu’on mange

 

Dans le meme genre : Pourquoi vegan ? Vous avez le temps ?

 

Cela s’explique comment ?

De nos jours, le sucre est partout : sodas, gâteaux, céréales, barres chocolatées, desserts. Mais, chose plus surprenante, on en trouve également dans les préparations salées, les plats cuisinés, la charcuterie, les conserves,… Et les consommateurs n’ont pas beaucoup d’informations sur la réelle quantité de sucre contenue dans les produits qu’ils consomment.

 

L’industrie agroalimentaire met en oeuvre des moyens considérables pour nous en faire consommer : lobbying à l’Assemblée nationale, matraquage publicitaire, ajout dans des produits inattendus. Mais ils utilisent également d’autre pratiques moins visibles. L’industrie du sucre va dire directement aux enfants ce qu’il faut manger. En 2013, par exemple, l’éducation nationale a permis au CEDUS, le Centre d’Études et de Documentation du Sucre, de délivre rune « information sur la nutrition et la santé » pendant 5 ans aux enseignants, aux élèves et à aux familles.

 

Un accord prévoit en que le CEDUS « élabore et diffuse des supports d’information, la réalisation d’actions d’information, l’organisation de conférences et de visites d’entreprises, l’accueil de jeunes et d’enseignants dans le cadre de manifestations publiques. »

 

L’industrie agro-alimentaire arrive donc, par divers procédés destinés à séduire le consommateur, à le rendre dépendant à cette substance qu’il faudrait pourtant consommer avec modération.

 

Quelles conséquences sur la santé ?

Les conséquences de cette surconsommation de sucre sont graves. Le sucre est un ingrédient de plaisir, mais aujourd’hui il est également associé à un problème de santé publique. On peut en effet observer une augmentation inquiétante du diabète et de l’obésité (c’est deux fois plus qu’en l’an 2000), qu’il y a un développement des maladies cardio-vasculaires en France. De nombreux spécialistes pointent du doigt les excès de sucre.

 

 

80% du sucre que nous avalons provient directement des aliments que nous achetons.

 

L’obésité.

L’obésité tue chaque année un million de personnes en Europe. Et pour cause, le sucre, c’est une drogue, une drogue dure. Une étude menée par un chercheur du CNRS qui a proposé du sucre et de la cocaïne à des rats déjà rendus dépendants à la cocaïne avait constaté que dans près de 90% des cas, les rats ont préféré le sucre. Cela pourrai démontrer cette dépendance.

19% de la population française est touchée par l’obésité.

Selon le CEDUS « Aucune relation directe entre consommation de sucre – en dehors d’apports caloriques excessifs – et prise de poids n’a été mise en évidence dans les études récentes » . Cependant, de très nombreuses études, épidémiologiques, cliniques et expérimentales ont rapportés que la consommation de produits sucrés fait grossir. Les chercheurs de la plus grande unité de nutrition au monde, l’Ecole de santé publique de Harvard considèrent qu’il y a aujourd’hui suffisamment de preuves pour affirmer que la consommation de boissons sucrées fait grossir.

 

Le cancer.

Là aussi, bien que le CEDUS met en avant le fait que les experts du Fonds mondial de recherches sur le cancer (WCRF) ne proposent pas de recommandations particulières pour les aliments sucrés. Le sucre serai donc exonéré de toutes responsabilités pour ce qui est du risque de cancer. Mais sur le site du WCRF il y est quand même bien mentionné que « les preuves scientifiques montrent que les régimes alimentaires constitués d’aliments trop riches en énergie, en particulier les aliments transformés qui sont souvent riches en graisses et en sucre, augmentent notre risque de surpoids ou d’obésité, ce qui augmente le risque de plusieurs cancers, dont le cancer du côlon et le cancer du sein ».

 

Le diabète.

Toujours selon le CEDUS « il n’y a pas de lien de cause à effet entre la consommation de glucides en général ou de saccharose (sucre) en particulier et le diabète. » Et pourtant, l’analyse récente de 11 études portant sur 310819 cas montre que les personnes qui consomment le plus de boissons sucrées ont un risque plus élevé de diabète et/ou syndrome métabolique que celles qui en consomment le moins.

 

Une consommation élevée de glucides est associée à un risque accru de diabète de type-2.

 

À contrario, les régimes pauvres en glucides (donc en sucre) améliorent les marqueurs du risque cardiovasculaire des diabétiques et devraient faire partie de la stratégie de management du diabète (selon l’analyse récente de 20 études contrôlées et randomisées). Pour conclure, l’American Diabetes Association souligne que « la quantité de glucides et d’insuline [endogène] disponible représente le facteur le plus important influençant la réponse glycémique et devraient être prises en compte dans le régime du diabétique. (…) Pour une bonne santé, la consommation de glucides sous la forme de légumes, fruits, céréales, légumes secs, laitages devrait être conseillée de préférence aux autres sources, en particulier celles qui contiennent des graisses, des sucres et du sodium ajoutés. »

 

Il ne faut donc pas perdre de vue que le sucre est omniprésent dans notre alimentation et dans notre quotidien, let qu’il reste un danger pour notre santé.

 

Les alternatives au sucre

Il est tout à fait possible de se passer de sucre. En effet il y en a dans les fruits, dans les céréales. Nous pouvons vivre sans consommer de sucre, et ce sans répercutions sur la santé (et beaucoup de personnes vivent comme ça). Cependant, il est peut être difficile d’arrêter d’en manger du jour au lendemain. Il existe donc plusieurs alternatives au sucre, qui sont plus naturelles et donc meilleur pour la santé. Voici quelques alternatives au sucre blanc « classique », des idées qui peuvent vous permettre de le remplacer dans le café, les pâtisseries, les préparations culinaires et autres.

 

  • – LE RAPADURA OU MUSCOVADO

C’est du sucre de canne sous sa forme la moins raffinée. C’est un produit très proche de la canne à sure, avec un goût assez prononcé de caramel ou de réglisse. Il peut être utilisé dans les compotes mais aussi dans les pâtisseries.

 

  • – LA MÉLASSE

La mélasse est un déchet du raffinage de la canne à sucre et (on l’utilise entre autres comme nourriture pour le bétail) et elle a été considérée pendant longtemps comme un sucrant bas de gamme. Elle contient des vitamines, est moins calorique que le sucre et elle est surtout très riche en goût. On peut en utiliser dans les préparations cuisinées, pour relever le goût.

  • Attention, la cassonade c’est bien souvent de sucre blanc recoloré avec de la mélasse. Le sucre complet est préférable, il est moins raffiné et plus riche en nutriments (et en goût aussi).

 

 

  • – LE SUCRE DE PALME

Le sucre de palme (ce n’est pas le même arbre que celui dont on tire l’huile de palme, très controversée pour ses méfaits sur la déforestation) provient d’Asie. Il est utilisé en Thaïlande pour la confection des currys, mais aussi dans le thé Tchaï glacé avec du lait de soja. Son goût est caramélisé et se marie parfaitement à la saveur des fruits exotiques.

 

  • – LE MIEL

Le miel est un produit que l’on connait mieux. il développe des arômes surprenants, forts, intenses et fleuris lorsqu’il est de qualité. On peut l’utiliser pour sucrer ses boissons chaudes, les yaourts, mais aussi en cuisine pour les plats asiatiques, type wok, car il caramélise la viande ainsi que les légumes.

 

  • – LE SIROP D’ÉRABLE

Le sirop d’érable mélange des parfums d’arôme fort de bois, cendré et caramélisé. Il provient à 70% du Quebec, fait à partir de l’érable. On le déguste sur des pancakes, des crêpes, des gaufres, les yaourts, dans du muesli, dans les gâteaux,… Le vrai sirop d’érable est certes calorique, mais il contient aussi beaucoup d’antioxydants, des sels minéraux et sa consommation est tolérée pour les personnes qui font un léger diabète (l’indice glycémique est plus faible).

 

  • – LE SIROP D’AGAVE

Le sirop d’Agave est originaire d’Amérique. Il est apprécié des vegans, car il remplace le miel. Son goût est neutre, ce qui le rend très intéressant en cuisine, dans les plats où il s’agit de sucrer et non d’aromatiser. Il se dissout bien dans l’eau froide on peut donc l’utiliser dans les yaourts maison, des thés glacés,.. Il est moins calorique que le saccharose et il a surtout un indice glycémique beaucoup plus faible, ce qui enchante les diabétiques. Son pouvoir sucrant est fort, il ne faut donc pas forcément en utiliser beaucoup et surtout il s’assimile bien par l’organisme (car c’est un sucre plus lent) et donc fait moins grossir.

 

 

  • – LES SIROPS DE CÉRÉALES

Ce sont les sirops de céréales comme le blé, le riz, le maïs,… Ils sont intéressants car ils ont un pouvoir sucrant plus fort que le sucre et sont bien moins caloriques. On peut les utiliser en alternance, pour varier les saveurs. Il ne caramélisent pas et ont tendance à se liquéfier à la cuisson, alors il vaut mieux les réserver pour les préparations froides. Ils sont riches en minéraux et donc nutritivement plus intéressant que le saccharose.

 

  • – LA STÉVIA

La stévia est un édulcorant naturel (provient d’une plante), sans calorie qui vient d’Amérique Latine qui servait aux Indiens à adoucir le goût de leur tisane. Il peut remplacer l’aspartame, un édulcorant de synthèse controversée par plusieurs études.

 

 

  • – LES FRUITS SECS

Il est possible d’utiliser un fruit fortement chargé en goût pour sucrer les gâteaux. Les dates coupées en petits morceaux ou bien les raisins secs réhydraté dans de l’eau, les figues ou même abricots secs peuvent en effet sucrer les préparations culinaires, les yaourts, le thé ou même venir agrémenter un plat sucré / salé. On peut remplacer complètement, ou bien substituer une partie du sucre d’une recette par un fruit séché.

Le sucre blanc et raffiné que nous avons l’habitude de manger n’est donc pas bon pour la santé car présent dans de nombreux plats et gâteau, en plus de celui que nous rajoutons au quotidien. De plus il n’est pas indispensable pour nous permettre de vivre en bonne santé, car nous puisons du sucre naturel dans les fruits et les céréales que nous consommons. Il est donc possible de s’en passer, cuisiner soi même ses plats et gâteaux et ainsi utiliser des alternatives plus naturelles. À vous de tester et vous faire votre propre opinion sur toutes les possibilités qui s’offrent à vous.

 

Sources : francetvinfo.fr / lanutrition.fr / Dealer de sucre / ecoloinfo.com / Accord entre le ministère de l’éducation nationnale et le CEDUS

 

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