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La violence qui colle à la peau des femmes

Chaque année, le 25 novembre est la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes. Elle est organisée par les Nations unies depuis 1999, pour sensibiliser et informer le public, sur la situation alarmante des femmes victimes de violences. Zoom sur cette pandémie mondiale, qui sévit tant dans le domaine public, que dans le privé.

 

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Notre société est construite sur une hiérarchie entre les sexes. Le « sexe fort » l’emporte sur le « sexe faible ». C’est ce qui a créé et qui maintient les violences faites aux femmes. Pourtant, le principe d’égalité entre les femmes et les hommes est au fondement de la République française. C’est également un principe de l’Union européenne. Et celle ci n’est toujours pas acquise : inégalités des rémunérations, de parcours professionnels, inégalités dans la répartition des tâches domestiques, inégalités au moment des séparations, inégalités dans l’accès aux responsabilités politiques, sociales, professionnelles ou encore dans la représentation médiatique,… Mais au-delà de ces inégalités, notre société compte encore un nombre trop important de violences faites aux femmes chaque années.

 

Violence envers les femmes : la réalité des chiffres

 

En 2013, 121 femmes sont mortes de violences conjugales

 

Contexte de la sexualité en France est une enquête réalisée en 2006 par INSERM et l’INED avec le soutien de l’ANRS. Elle mesure les violences sexuelles subies par les personnes au cours de leur vie. Elle a ainsi révélé :

– 20,4 % des femmes et 6,8 % des hommes ont subi au moins une forme de violence sexuelle au cours de la vie (attouchements forcés, tentatives de rapport forcé, rapport forcé, contrainte à des rapports sexuels avec un tiers);

– 6,8 % des femmes et 1,6 % des hommes ont subi un rapport forcé au cours de la vie.

 

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Toutes les générations et catégories sociales sont concernées par les violences sexuelles.

Les premiers rapports forcés (ou tentatives) se produisent majoritairement avant 18 ans. Et dans 55 % des cas où les personnes déclarent avoir subi des violences (rapports forcés ou des tentatives de rapports forcés) ces faits ont pour la première fois eu lieu avant les 18 ans de la victime. Ces violences se caractérisent le plus souvent par la proximité entre la victime et l’agresseur. Les rapports forcés avant 18 ans sont davantage liés aux univers de socialisation (famille, école, groupes de pairs), alors que ceux qui se produisent plus tard sont assez logiquement marqués par l’univers du couple et du travail.

 

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Les femmes de plus de 40 ans qui ont eu un premier rapport forcé après 18 ans déclarent dans 35 % des cas que l’auteur de l’agression était un conjoint ou un partenaire. Celles qui ont connu un épisode de violence sexuelle avant 18 ans incriminent principalement leur père, beau-père ou une personne de la famille (27 % des cas), ou des personnes qu’elles connaissent (31 %). À signaler que les agresseurs inconnus restent toujours une minorité (17 %), et que leur proportion décroît dans les générations les plus récentes.

 

46 % des femmes et 62 % des hommes ayant subi l’un de ces actes disent n’en avoir parlé à personne avant l’enquête. C’est dans la génération la plus ancienne (les femmes de 60 à 69 ans, et les hommes de 50 à 69 ans) que les personnes en ont le moins parlé à quelqu’un (respectivement 33 % et 30 %). Par contre, dans les plus jeunes, 71 % en ont déjà parlé (pour les femmes de 18 à 24 ans). Il y a donc une modification de la tendance, qui est sans doute liée aux campagnes d’information.

 

Le développement de la cyberviolence (en 2013, 13 % des élèves ont été insultés via Internet ou le téléphone portable), accentue ces violences à caractère sexuel. Ce mode de diffusion des insultes (vidéos ou photos envoyées à l’élève concernée ou à un groupe d’élèves au sein de la classe) touche davantage les filles : 17 % des filles ont déclaré s’être fait insulter via ces technologies, contre seulement 11 % des garçons.

 

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La prostitution en France recouvre des manifestations très variées : prostitution de rue, prostitution via Internet, prostitution étudiante, prostitution masculine, transgenre… Le phénomène est extrêmement difficile à repérer. C’est un univers marqué par des violences qui sont d’une extrême gravité. De plus, les séquelles psychologiques et physiologiques sont souvent majeures. La prostitution constitue une violence en soi, et notamment une violence faite aux femmes, car la prostitution est en majorité exercée par des femmes.

 

L’Office central de répression de la traite des êtres humains (OCRTEH) estime entre 20 000 et 40 000 le nombre de personnes prostituées en France.

 

Il existe également deux autres formes de violences : les mariages forcés et les mutilations sexuelles féminines. Une politique de lutte contre les violences ne peut en tolérer aucune. Ni la tradition ni la coutume ne peuvent justifier que des personnes ne soient plus considérées comme des sujets de droits et qu’elles puissent être privées de leurs droits fondamentaux.

 

Comment agir ?

 

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La prévention

Le ministère de l’éducation a mit en place des outils afin d’éduquer et alerter les élèves sur les violences faites au femmes. Cela passe par :

  • – Un guide « Comportements sexistes et violences sexuelles : prévenir, repérer, agir »
  • – Programmes d’enseignement : Éducation à la sexualité (susciter la réflexion sur les violences, les stéréotypes et les préjugés sexistes)
  • – Lutte contre le harcèlement à l’École : (numéro vert, le 0 808 807 010, un site Internet, centre de ressources, « Agir contre le harcèlement à l’École » et une page Facebook permettent de diffuser toutes les informations et les outils utiles)
  • – Formation des enseignants (les plans académiques de formation, PAF, proposent un certain nombre de modules consacrés aux violences sexistes et sexuelles)

 

La reconnaissance sociale de ces violences aide à modifier le seuil de rejet en ce qui concerne ces violences. Dune manière générale, les femmes perçoivent aujourd’hui les agressions qu’elles subissent d’une autre manière. Des actes qu’elles n’auraient pas considérés grave auparavant sont aujourd’hui vu comme anormal. Et elles les dénoncent en plus grand nombre. Les professionnels, plus sensibilisés à la prise en compte de ces situations et à la conduite à tenir, réagissent avec plus d’empathie.

 

Activisme contre la violence de genre

Il n’en reste pas moins que les chiffres sont toujours aussi alarmant ! Et au delà de la volonté d’informer, nous devons changer les mentalités mettant les femmes au rang de « deuxième sexe ». Il est en effet important de ne plus voir ces violences comme banales. Et ainsi libérer la femmes de ces images sexistes qui leur colle encore à la peau. Pour en finir avec les servitudes qui les lient à des violences invisibles. Celles qui sont les plus dures à combattre.

 

Source : unwomen.org / eduscol.education.fr / Violences sexuelles

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Axelle

Pleine de rêves, pleine d’espoir, je souhaite partager ma force et ma volonté avec vous ! Éveillée depuis quelques années déjà, j’aime mettre mon temps au service du mouvement ! Passionné par ce qui nous nourrit naturellement : fruits et légumes non transformés que nous offre la nature, spiritualité et sentiments.

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